Épisode 3 – La Croatie, terre de contrastes


La péninsule istrienne

Après avoir quitté Piran, nous continuons de descendre le long de la péninsule istrienne, en direction de Rovinj et Pula, qui seront nos premières étapes croates.

La ville de Rovinj est vraiment impressionnante, il s’agit d’une presqu’île sur laquelle les maisons anciennes s’entassent en cercle autour d’une église qui domine l’ensemble. C’est vraiment une ville de carte postale.

D’ailleurs, fatalement, l’endroit est victime de son succès, les parkings sont hors de prix, des hordes de bus vomissent des centaines de touristes, et les prix flambent : nous avons achetée une pêche 2€ pièce ! (Mais c’était en Kuna, et on maîtrise pas trop encore la conversion…)

Une fois le tour de la ville fait, nous nous éloignons rapidement de tout ce tumulte !

La ville/presqu’île de Ronvinj

La chasse au camping sauvage

Nous sommes rentrés en Croatie avec la peur de prendre une amende pour camping « sauvage ». En effet, sur internet, dans les blogs et sur les applis de partage de spot de camping, nombreux sont les gens à raconter leurs déboires avec les autorités locales qui traquent sans relâche les gens qui refusent d’aller mettre des Kunas dans les campings à tourites qui pullulent le long des côtes.

Dès les premiers kilomètres après la frontière, nous remarquons des affiches qui rappellent cette interdiction placardées à même les arbres à chaque spot potentiel.

Pour notre première nuit « illégale » nous dormons en bord de plage sur le parking d’un… camping ! Nous demandons la permission au vigile qui accepte volontiers…

L’intérieur des terres

En quête d’un peu plus d’authenticité et de calme, nous délaissons la côte pour les terres, et nous prenons la direction du Parc National de Risnjak, vers le mont Crni Lug.

Nous traversons des grandes forêts de pins, et la chaleur du bord de mer laisse la place à la fraîcheur de la montagne, la brume s’installe. Nous sommes au pays des Ours, nous disent les panneaux, mais au grand désespoir de Vincent, aucun plantigrade à l’horizon !

La route du parc naturel de Crni Lug
Forêt de Crni Lug

Après une petite rando dans le parc parmi les arbres immenses et toujours dans l’espoir de croiser un ours, nous rentrons bredouilles au camion et nous nous faisons attaquer par une horde de… canards ! Visiblement très curieux et affamés 🙂

La côte, à nouveau

Nos envies d’authenticité douchées par la pluie et le froid, nous remettons le cap vers le soleil et la mer. Les spots sont rares et nous craquons finalement pour un camping payant dans une crique privée, histoire de passer la nuit les pieds dans l’eau.

Ok, c’est un camping, c’est pas du jeu, mais quand même…

Babin potok !

Après cette pause au bord de l’eau, nous retournons vers les terres pour voir les fameux « Lacs de Plitvice ». Il s’agit d’un parc naturel à l’interieur duquel coule une rivière qui forme plus de 16 lacs en terrasses, qui se vident les uns dans les autres par des cascades, le tout dans un cadre verdoyant et protégé.

En gros, ça à l’air cool !

Sur notre appli préférée pour dénicher des spots, nous avions repéré un « Free Camp » (sorte de terrain privé mis gratuitement à la disposition des campeurs) non loin de la région de Plitvice. Une fois arrivés sur place, le terrain est en pente, juste au bord de la route et il n’y a personne, ni le proprio, ni d’autres campeurs, seulement un chien attachant mais suicidaire appelé Bok. Un peu déçus, nous repartons pour le prochain, quelques kilomètres plus loin, dans le hameau de Babin Potok : Chez Vivi !

Vivi est une mamie serbe, qui vit en croatie une partie de l’année, elle possède un terrain et une ferme qu’elle a décidé de mettre à disposition des campeurs, et propose des produits de la ferme à la vente. Elle est d’une gentillesse extrême, et malgré son anglais très balbutiant, nous prenons plaisir à discuter avec elle. Son terrain est vaste, et lorsque nous arrivons, il y a déjà un couple de Français, 3 Allemands et 1… Arménien !

Elle nous accueille avec de la compote maison, nous offre des pommes, nous lui achetons du miel, et quelques légumes. Nous passons une soirée bien arrosée avec nos voisins 🙂

La Chartreuse est de sortie 🙂

Nous décidons de rester une journée et nuit de plus, pour attendre le beau temps, et surtout, parce que chez Vivi, on est bien : il y a une grande cuisine, une tonnelle, un évier pour faire la vaisselle et aussi des toilettes dont on tire la chasse avec un seau à remplir au puits…

Le lendemain, nous partons avec Vivi voir le premier lac de Plitvice à quelques kilomètres de chez elle, elle nous raconte alors la guerre, et comment elle l’a vécue. Le sujet est sensible et ne nous souhaitons pas y prendre part, nous nous contentons d’écouter son récit. Elle nous parle aussi de son projet de transformer son champ en véritable camping, histoire d’améliorer un peu ses conditions de vie. Puis elle nous emmène visiter des sources et des anciens moulins de la région.

Les Lacs de Plitvice

Le soleil ne semblant pas vouloir se montrer, nous devrons nous contenter d’éclaircies et de l’absence de pluie en ce matin du 5 Septembre pour aller visiter le parc naturel des lacs de Plitvice.

Malgré le temps maussade, le lieu est magnifique. Sa renommée étant internationale, il y a évidemment beaucoup de touristes. Le problème c’est que la majeure partie des sentiers consiste en petits pontons étroits à la surface des lacs, il est donc difficile de circuler avec tout ce monde !

La bonne nouvelle, c’est que le parc propose différents itinéraires de randonnées, et que la majeure partie des touristes opte pour les plus petites boucles… Après quelques kilomètres, la foule s’éclaircit et nous profitons mieux du paysage.

Une des nombreuses cascades de Plitvice
Les sentiers qui relient les lacs

La végétation est luxuriante, l’eau est limpide, on peut y voir des tas de poissons, ça donne vraiment envie de s’y baigner ! La balade se poursuit par un transfert d’une berge à l’autre à bord d’un bateau électrique plutôt flippant ! Puis c’est un train-bus qui ramène les randonneurs à l’entrée du parc.

Le côté obscur

Loin de la modernité et de l’urbanisation à outrance de la côte qui croule sous les dollars des touristes, l’intérieur des terres croates, là où il n’y à rien à voir, montre un tout autre visage : voitures délabrées, villages tristes et surtout des centaines de maisons en construction, jamais finies qui témoignent de la guerre somme toute récente qui a ravagé le pays et divisé les communautés. Aujourd’hui encore, on peut savoir si une famille est croate ou serbe rien qu’en regardant sa maison…

Sur la côte, la police dispose de voitures flambant neuves, ici, c’est une autre histoire…

Le Sud : Sibenik, Trogir et Imotski

Nous nous enfonçons toujours plus au sud, ponctuant nos trajets de baignade dans la mer quand la chaleur se fait trop sentir, dans ce pays qui s’étire en se rapetissant le long de la mer. Direction Sibenik, où un port de plaisance et un port de pêche donnent vie à cette petite ville sympa.

Notre emplacement dodo de ce soir sera au bord d’une crique agréable dans laquelle mouillent des voiliers. Nous sommes en compagnie d’allemands, et de hollandais (comme souvent…). Après quelques parties de 7 Wonders Duel, et avoir observé goguenards le manège d’une Allemande en chaleur qui essayait de draguer tous les mecs qui campaient au bord de l’eau ce soir là, nous allons nous coucher et les nuées de moustiques croates font un festin de nous.

Sans les moustiques, c’était parfait !

Le jour suivant, après avoir visité les alentours et découvert d’autres criques plutôt paradisiaques et une muraille étrange, nous allons visiter Trogir, une petite bourgade plutôt bien vendue dans le guide.

Plafond de la Halle de Trogir

C’est finalement une déception, cette ville a dû être intérressante, avant de comprendre qu’elle l’était. C’est aujourd’hui un endroit sans âme qui n’a pas vraiment de charme, nous repartons assez vite.

Nous nous rendons ensuite à Imotski, tout près de la frontière Bosniaque, où nous avons prévu d’aller voir le Red Lake et le Blue Lake, deux lacs karstiques, (sorte de puits très profonds) prétendument colorés de bleu et rouge grâce à la roche environnante.

Première déception, suite à la sécheresse de l’été, le niveau du « Blue Lake » est extrément bas, et seuls les plongeurs et les spéléologues sont autorisés à y descendre avec une tyrolienne quasiment verticale.

Le Red Lake en revanche est accessible par un sentier qui serpente le long du cratère que forme la cuvette du lac, apparement en hiver, il lui arrive déborder… Il est encore très tôt ce matin quand nous y arrivons, il n’y a absolument personne et l’endroit est impressionant, nous décidons de nous baigner, même si nous n’avions pas non plus pris les maillots…

Les eaux plutôt vivifiantes du Blue Lake

Ston

Prochaine étape : Ston. Cette ville du sud de la Croatie, dans la partie enclavée, possède une muraille de 5 Kms qui relie 2 villages entre eux, Ston et Mali Ston. Même si il n’y a rien de comparable, l’endroit est appelé « Muraille de chine d’Europe » et c’est vrai que ça reste impressionant !

L’ascension est éprouvante, le soleil tape, les marches sont très hautes et irrégulières, mais une fois en haut, le chemin de ronde sur les remparts qui relie les 2 villages est vraiment sympa ! Le village en lui-même est aussi très plaisant, et il n’y a pas grand monde…

Dubrovnik, la perle de l’Adriatique

NON BENE PRO TOTO LIBERTAS VENDITUR AURO

« La liberté ne s’achète pas, même pour tout l’or du monde » Devise de la cité de Dubrovnik

Ayant dormi non loin de la ville, nous décidons une fois n’est pas coutume de nous lever tôt pour pouvoir profiter de cette cité illustre avant qu’elle ne soit envahie de touristes. Nous réussissons à trouver une place vide (la seule) sur le parking d’un supermarché (plus de 2h avant son ouverture…) pour éviter les parkings obligatoires et payants à plus de 10€ de l’heure ! Et notre plan a marché ! La ville est déserte, pendant 2h nous avons pu déambuler dans ses ruelles et arpenter ses places, quasiment seuls, un régal !

La ville est sur une presqu’île, encerclée par de hauts remparts. Malgré sa renommée et son succès, elle a su rester à peu près inchangée depuis des siècles.

La rue principale qui traverse la vieille ville

Dernière nuit en Croatie

Nous longeons la côte dans les tous derniers kilomètres du pays, à l’approche du poste frontière avec le Monténégro, la route est en travaux. A quelques centaines de mètres à peine, nous pouvons voir la douane, mais la route est fermée, les ouvriers nous font comprendre qu’elle sera ouverte demain. Nous prenons donc un chemin le long de la mer, et nous arrivons dans une petite crique, où un petit bar vient étancher notre soif. 

Après une bonne baignage et quelques tentatives de snorkelling, nous décidons de dormir sur le quai jouxtant le bar, apparement désaffecté depuis quelques temps. Nous allons nous balader sur la péninsule, avec à quelques centaines de mètres de l’autre coté de la mer, la côte Monténégrine.

En revenant, Pero, le propriétaire du bar, nous explique que nous sommes sur une ancienne base militaire désaffectée depuis la fin de la guerre. La nuit est tombée, les clients sont partis. Il nous invite alors à prendre l’apéro, et nous fait goûter son vin maison, naturellement nous ramenons la Chartreuse… La discussion est intéressante mais tourne essentiellement autour de la guerre, qu’il semble avoir vécu très personnellement. Les verres se vident et se remplissent, un peu difficilement, nous regagnons notre camion sur le quai.

Demain, le Monténégro.

Coucher de soleil sur la côte Monténégrine, depuis le quai
Catégories :Croatie

1 commentaire

  1. Hello Lola et Vincent!Me voici aujourd’hui en Croatie..Oui je sais je fais un peu le voyage à l’envers mais je veux prendre le temps de lire,de regarder,et ne pas faire que survoler donc je prends du retard alors que vous vous avancez plus vite avec votre petit camion!!!
    J’aime l’histoire racontée avec la mamie au camping dans sa ferme…J’aime cette végétation magnifique,sauvage,ces cascades waouh!
    La ville aussi a des côtés très beaux…J’aime beaucoup le plafond de la halle de Trogir…Quant à « la muraille de Chine » c’es juste impressionnent!!!

    Et rire avec l’histoire de l’allemande!!!!!
    Mais vous buvez beaucoup?!!!!!? Heureusement que le petit camion n’est jamais loin! La bière Lola c’est drôle!

    Alors bonne route et à demain Je ne sais pas quelle destination vous me faites prendre demain,je vais voir cela…

    Chaleureusement vous

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