Épisode 16 – La traversée du Désert


Les chiens aboient, la caravane passe

Après avoir passé une soirée de plus avec nos nouveaux amis français Amandine, Julien et leurs enfants, nous avons décidé de partir tous ensemble un peu plus au sud, en direction du désert, pour y trouver un peu de chaleur.

Nous quittons donc tous les 6 le Mausolée de Khomeini en direction de Kashan, où se situent les portes du Désert du Dasht-e Kavir. En chemin, nous nous arrêtons dans un caravansérail situé le long de la route. Il y en a d’innombrables dans tout le pays. Celui ci est restauré et transformé en hôtel, et nous dormons donc dans les alcôves du bâtiment, sur des tapis, comme jadis les marchands de passage. Très impressionant !

Après une petite chicha, nous allons nous coucher.

Les pieds sur la table

Après cette nuit « traditionnelle », nous nous mettons en route pour Kashan. Nous mangeons dans un restaurant sympatique mais sans grand charme. Accroupis sur ces plateformes typiques du pays, nous nous régalons de différents types de kebabs, accompagnés de riz au safran, de yaourt à l’échalotte et d’une sorte de tapenade locale.

Une « table » traditionnelle

Les portes du Désert

Nous trainons un peu à table, et lorsque nous arrivons au checkpoint qui marque la fin de la route et le début des pistes, il est déjà tard. Les gardes du checkpoint ne veulent pas nous laisser passer, ils avancent tantôt l’argument du risque de se perdre dans le désert ou de s’ensabler, tantôt celui de la loi qui interdit de s’y rendre sans guide. Après d’âpres et vaines négotiations de plus d’une heure, ils ne veulent rien savoir et nous repartons bredouilles.

Le checkpoint qui marque l’entrée du Désert

La nuit tombe, nous dormirons donc dans le coin, préparant la riposte ! Il n’est pas question pour nous de rebrousser chemin, ni de payer les services d’un guide. Nous irons dans ce désert coûte que coûte ! Mais pour l’heure, il est temps de dormir : la nuit porte conseil !

Le lendemain, nous retournons au checkpoint de bonne heure, la barrière est en place, mais pas de gardes à l’horizon : c’est l’occasion ! Nous prenons la piste secondaire qui longe la principale, et qui contourne le checkpoint, suivis de près par le camping-car d’Amandine et Julien. Nous avons l’impression de forcer un barrage de police et nous craignons d’être poursuivis. Il n’en est rien, notre manoeuvre est un succès et nous voilà dans le désert, seuls et libres !

La liberté !

Le Dasht-e Kavir

Notre fidèle camion et son collègue camping-car !

Nous avançons lentement mais surement sur les pistes parfois très sablonneuses du désert. L’horizon s’étend à perte de vue et le regard ne bute que sur les dunes, ou sur des… dromadaires qui traversent la route !

Traversée d’animaux !

Nous arrivons à un deuxième checkpoint où il n’y a également personne, tout se passe bien ! On ne s’est même pas encore ensablés alors que certains passages sont assez délicats ! 

Le lac Namak

Vision insolite dans ce désert : nous croisons de temps à autre  de vieux camions chargés de sel qui repartent du lac Namak, un ancien lac salé de 1800 km² situé non loin ! Nous décidons de nous y rendre, nous n’avons pas tous les jours l’occasion de rouler sur un lac… Le paysage est  magnifique : un horizon blanc à perte de vue. Au sol, le sel forme de petites dalles octogonales qui craquent sous les pieds ! Surprenant !

Tu me passes le sel ?

Nous nous installons au centre du lac, au milieu de nulle part, avec rien pour nous obstruer la vue… C’est très troublant ! Nous sortons les tables et les chaises pour déjeuner ici, nos tomates seront salées avec le sel ramassé directement sur le sol ! Il n’y a absolument personne, c’est parfait pour faire voler le drone, et les filles peuvent laisser tomber le voile 🙂

Nous repassons du sel au sable, et reprenons la piste pour avancer plus en profondeur dans le désert. Nous arrivons à un caravansérail en pleine restauration, nous en profitons pour acheter du bois en prévision de la soirée.

Un caravansérail au milieu du désert

Quelques kilomètres plus loin, les différentes pistes deviennent de plus en plus difficiles et s’arrêtent finalement au pied des dunes, le vrai désert commence ici, impossible d’aller plus loin ! Nous y installons notre bivouac.

Les dunes

Pour ne pas gâcher le silence du désert, seules les images suffiront pour raconter notre expérience :

Après quelques maïs et patates grillés au pied des dunes, des dromadaires viennent nous rendre visite pour tenter de nous voler les restes. Hormis cette visite odorante et nocturne, la nuit fût la plus calme depuis bien longtemps…

Même si nous serions volontiers restés dans ce cadre idyllique, le pays est vaste et notre visa est limité, il nous faut à présent repartir !

Direction : Kashan. Nous déjeunerons tous ensemble, puis nous ferons la conaissance d’une autre famille de français : les « Chaprons bougent », nous passons la soirée et la nuit tous ensemble dans un parc de Kashan : 10 français autour de l’apéro, et pas une bière en vue !

Demain, chacun reprendra sa route, et la notre nous menera à Yazd !

See you later !

« Il n’y a pas de plus grande émotion que d’entrer dans le désert. »

Le Clezio
Catégories :Est, Iran

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